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Foulard, marrons et chaleur familiale

Le nez caché dans mon foulard de laine, la tuque rabattue à la lisière de mes paupières et mes mains gantées enfouies au fond des poches de mon manteau, je frissonne. C’est une longue marche entre chez moi et le marché de Noël. Comme bien des jeunes de ma génération, je n’adhère pas à la « folie du temps des fêtes », à la course aux cadeaux, ou à l’escalade dangereuse du toit de ma maison pour y accrocher des centaines de lumières multicolores. Toutefois, je dois me rendre à l’évidence et avouer que j’ai, moi aussi, quelques traditions de Noël.

À tous les ans, je me rends au marché de Noël dans le parc St-Mark de la rue St-Charles, à Longueuil. On y trouve les kiosques de plusieurs artisans locaux, des cidreries du Québec, et une grande variété de produits du terroir. L’eau me monte à la bouche en pensant à l’arôme des marrons chauds qui embaume le parc. Je pense au verre de vin chaud que je pourrai déguster en déambulant, de kiosque en kiosque, à travers les jeunes couples et les familles qui seront venus pour apprécier l’artisanat et le savoir-faire d’ici.

Je replace mon foulard humidifié par mon souffle embué et je m’empresse de replonger mes mains dans mes poches, les poings serrés. Le froid me mord. Il me tarde de me réchauffer près des foyers de bois installés dans le parc pour l’occasion. Les gens s’y retrouvent, un verre de cidre ou de vin à la main. Ils discutent. C’est le retour du village québécois, celui qu’on retrouve dans les livres et les contes. On se salue, on sourit. On s’aborde d’un « Fait frette, hein ? », l’amorce universelle de l’hiver québécois, et on discute de tout et de rien. Ces gestes qui semblent à prime abord banals sont pour plusieurs un baume qui soulage du quotidien impersonnel ordinaire.

Qu’on célèbre ou non la fête de Noël, cette période de l’année demeure un temps idéal pour se rapprocher des gens qui nous entourent. On reçoit la famille pour le souper. On s’embrasse, on s’exclame. On rit, on pleure, on empile les manteaux sur le lit et les bottes dans le bain.

« Entrez, entrez ! Faites pas attention au ménage. »

« Oh, le beau sapin ! »

«  Mononc’ Gaston ! »

« Salut ‘tit gars, t’es ben rendu pesant ! »

« R’garde dont si y’ont grandi, Roger. »

« Ben oui, la dernière fois j’les ai vus, y’étaient haut de même ! »

« Viens donc faire un bec à grand-maman. »

« Pis, Sophie, t’es-tu faite un p’tit chum c’t’année ? »

« Pis vous deux, quand est-ce le mariage ? »

« Est ben bonne ta tourtière, Nicole, tu m’donneras ta recette ! »

« Tu vas ben prendre un autre p’tit verre de blanc, mon Gérard ? Pars pas tu’suite ? »

« Enwèye donc, un autre p’tite. T’appelleras Nez Rouge ou ben tu resteras à coucher. »

« Y’a d’la place en masse, les enfants sont à Québec pour la fin de semaine ! »

« Bon, on va faire un boutte. »

« Tant qu’à faire un boutte, fais-lé donc au complet ! »

« Faut aller coucher les enfants. »

« Merci à vous autres, c’tait ben l’fun ! »

« Ton souper était écoeurant, Maryse. »

« On se refait ça bientôt. »

« Oui, faut se voir plus souvent ! »

« Y’a toujours le jour de l’an chez matante Simone. »

« Oui, on se verra là. ‘Tention su’a route, là ! »

 

Un coup de vent glacial. J’ai presque perdu ma tuque. J’entends la musique du marché un peu plus bas sur la rue. Je pense à ma famille. Il faudrait bien que je passe les voir plus souvent. On se dit toujours ça : « Là, on se refait de quoi bientôt ! », et on ne s’appelle pas de l’année. C’est sûr que je suis pas mal occupé avec le travail, l’école, les amis… Facile de trouver des raisons de ne pas appeler les gens. La vérité, par contre, c’est que ça prend quelques minutes seulement de lâcher un coup de fil à ses grands-parents pour leur dire qu’on pense à eux. Aller souper avec ses parents une fois par semaine, c’est pas la fin du monde, mais ça veut tout dire pour ceux qui nous ont vu grandir trop vite.

On le dit souvent, surtout dans le temps des fêtes, que l’important, c’est la famille. C’est une chose de le dire, et une autre de le montrer. Le travail, il va être là lundi, fidèle au poste, qu’on le veuille ou non. La famille, il faut faire les premiers pas vers elle. C’est une créature timide et fragile, de laquelle il faut prendre grand soin. Sinon, elle se sauve par la fenêtre et on se retrouve tout seul.

Il commence à neiger. Les lumières du marché sont toutes allumées et la musique s’intensifie au rythme de mes pas. J’entends le bois craquer dans les foyers et je presse l’allure. C’est comme je l’avais imaginé, comme à tous les ans. Les enfants courent entre les jambes des grands. Ils jouent à un jeu qu’eux seuls comprennent. Les adultes sirotent un verre ou mâchonnent un délice quelconque à la recherche d’une poubelle pour leur cure-dent dépouillé. Les familles, les voisins et les amis se retrouvent au parc St-Mark pour apprécier les produits locaux. Je souris. Je n’ai plus froid. Ce doit être la magie de Noël.

Bon temps des fêtes à toutes et tous.

Samuel Tétreault
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